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Terrasser en hiver dans le Var : bonne ou mauvaise idée ?
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Terrasser en hiver dans le Var : bonne ou mauvaise idée ?

La saison froide n’arrête pas les chantiers ici : elle impose surtout de choisir les bons travaux et les bonnes fenêtres.

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Beaucoup de projets se figent dès que les journées raccourcissent : on se dit qu’on verra ça au printemps. C’est dommage, parce que l’hiver varois n’a pas grand-chose à voir avec l’hiver continental. Le gel profond est rare, les fenêtres de beau temps sont nombreuses, et les entreprises sont plus disponibles.

Cela dit, tout ne se fait pas. La question n’est pas de savoir si l’on peut terrasser en hiver, mais quels travaux s’y prêtent, sur quels sols, et avec quelles précautions. Voici comment nous abordons la saison froide sur le secteur.

Ce que l’hiver change vraiment ici

Le vrai sujet n’est pas la température, c’est l’eau. Les cumuls de pluie se concentrent sur l’arrière-saison et l’hiver, et un sol gorgé se comporte tout autrement qu’un sol ressuyé. Il perd sa portance, colle aux godets, ne se compacte plus correctement.

Le gel reste marginal en bord de golfe, mais il faut compter avec lui sur les secteurs intérieurs et en altitude relative, du côté de La Garde-Freinet ou des hauts de Collobrières. Quelques matinées blanches suffisent à retarder un bétonnage ou un enrobé, sans empêcher le travail de la pelle.

La lumière compte aussi. Les journées courtes réduisent le temps utile sur le chantier, ce qui allonge un peu les délais. On l’intègre au planning plutôt que de le subir.

Les travaux qui passent très bien

Une bonne partie de notre activité se poursuit sans difficulté pendant la saison froide, à condition de viser les fenêtres météo.

  • Les démolitions et l’évacuation de gravats, peu sensibles à l’humidité
  • Le débroussaillage et la préparation d’emprise avant chantier
  • Les tranchées de réseaux en sol drainant
  • Les travaux de drainage, qu’il est même idéal de concevoir quand l’eau est visible
  • Le terrassement en terrain schisteux, qui garde sa portance sous la pluie

Le drainage mérite qu’on s’y arrête. C’est la seule période où l’on voit réellement d’où vient l’eau, où elle stagne et jusqu’où elle monte. Un réseau conçu en plein été, sur un terrain sec, relève davantage de l’hypothèse.

Ce qu’il vaut mieux reporter

Le compactage d’un remblai argileux gorgé d’eau n’a aucun sens : le matériau se comporte comme une pâte, le rouleau le remue sans le densifier, et l’ouvrage se tassera plus tard. Sur les argiles de la plaine de l’Argens, c’est une raison suffisante pour attendre quelques jours de ressuyage.

Les enrobés demandent eux aussi des conditions correctes : support ressuyé, température acceptable, pas de pluie pendant la mise en œuvre. Un enrobé posé sur un fond de forme détrempé se dégradera vite, quel que soit le soin apporté au répandage. Une allée en enrobé se programme sur une fenêtre stable.

Même prudence pour les plantations et les engazonnements sur sol saturé, et pour les fouilles profondes laissées ouvertes en période pluvieuse : les parois se délitent et le risque d’éboulement augmente nettement.

Les bonnes pratiques de saison

Terrasser en hiver, c’est surtout organiser le chantier autrement. On travaille par phases courtes, on ferme ce qu’on ouvre, on ne laisse pas une fouille béante pendant un week-end annoncé pluvieux.

On soigne les pistes d’accès. Une couche de tout-venant concassé sur le passage des engins évite l’orniérage, préserve le terrain et fait gagner un temps considérable. Sur les parcelles délicates, la création d’une piste de chantier provisoire est souvent le meilleur investissement de la saison.

On gère aussi l’eau en temps réel : merlons pour détourner le ruissellement amont, points bas provisoires, pompage si nécessaire. Et l’on garde en réserve des travaux de repli, réalisables même par temps médiocre, pour ne pas immobiliser l’équipe.

Les avantages qu’on oublie

La saison froide a de vrais atouts. Les plannings sont plus souples, les délais d’intervention plus courts, et l’on trouve des créneaux qui deviennent introuvables dès le printemps venu.

Pour qui vise une piscine utilisable à la belle saison, c’est aussi la bonne fenêtre : le terrassement du bassin réalisé pendant l’hiver laisse le temps aux corps d’état suivants d’enchaîner sans précipitation.

Enfin, un terrain terrassé tôt bénéficie de plusieurs mois de tassement naturel avant les finitions. Sur un projet d’aménagement extérieur, ce délai supplémentaire se traduit par des dallages et des allées plus stables.

Lire le terrain plutôt que le calendrier

La bonne question n’est pas la saison, c’est le sol. Un terrain schisteux bien drainé du côté du Plan-de-la-Tour se travaille presque toute l’année. Une parcelle argileuse en fond de vallon vers Le Muy ou Roquebrune-sur-Argens demande, elle, d’attendre trois ou quatre jours de séchage après un épisode marqué.

C’est pour cela qu’une visite préalable vaut mieux qu’une règle générale. En une heure sur place, on sait si le chantier peut démarrer tout de suite, s’il faut préparer une piste, ou s’il est plus sage de caler le terrassement sur une fenêtre plus favorable.

Dans tous les cas, mieux vaut un chantier bien mené en saison froide qu’un chantier bâclé dans la précipitation du printemps, quand tout le monde veut démarrer en même temps.

Le gel empêche-t-il de terrasser dans le Var ?

Rarement en bord de golfe, où le gel reste superficiel. Il retarde surtout les bétons et les enrobés, davantage que le travail de la pelle, et concerne principalement les secteurs intérieurs.

Combien de temps attendre après une forte pluie ?

De un à deux jours sur sol drainant, trois à cinq jours sur argile selon l’ensoleillement et le vent. Un simple essai à la pelle suffit à juger la portance réelle.

Les tarifs sont-ils différents en hiver ?

Les prix unitaires varient peu, mais la disponibilité est meilleure et les délais plus courts. En revanche, il faut parfois prévoir une piste provisoire, ce qui représente un poste supplémentaire.

Un projet à lancer hors saison ?

Nous passons voir votre terrain, jugeons sa portance et vous disons franchement ce qui peut se faire dès maintenant et ce qui gagne à attendre.

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